Discours, Présidence finlandaise de l´UE
Back
Intervention du Premier ministre de la Finlande, Matti Vanhanen, devant le Parlement européen, 18 décembre 2006
18 Dec 2006, 12:30 en fr de fi
Résultats de la Présidence finlandaise de l'UE
(traduction non officielle - sous réserve de modifications)
Monsieur le Président du Parlement européen,Honorables Membres de Parlement européen,
C'est pour moi un plaisir renouvelé que de m'entretenir avec vous en ma qualité de Président du Conseil européen. Le Conseil européen de la Présidence finlandaise européenne s'est tenu les 14 et 15 décembre à Bruxelles. Je me propose de vous faire part des résultats de notre réunion. En même temps, les six mois de Présidence finlandaise de Conseil sont sur le point de finir et le moment est venu de vous dire ce que nous avons fait au cours de ce mandat pour le bien de notre commune Union.
Jeudi dernier, nous avons fait, au Conseil européen, nos adieux à Josep Borrell, qui termine son mandat à la Présidence du Parlement européen. Je tiens à lui exprimer ici ma reconnaissance pour la contribution significative qu'il a apportée au bien de l'Europe. Monsieur le Président, ce fut une bonne chose que de collaborer avec vous. Nous avons obtenu beaucoup de bons résultats ; je vous en remercie du fond du cur et nous sommes sensibles au travail que vous avez accompli.
Je saisis en même temps cette occasion pour exprimer au Parlement européen ma reconnaissance pour tout le soutien qu'il nous a accordé et les efforts communs. Nous avons obtenu ensemble des résultats remarquables. La législation communautaire sur les produits chimiques - le Règlement REACH - a été enfin adoptée. Les consommateurs comme l'industrie attendaient cette législation. Nous avons également fait aboutir le projet de directive sur les services. Celle-ci marque la création du plus grand marché au monde en matière de services. Le 7e Programme cadre de recherche établit le fondement de la compétitivité européenne.
Au début de la Présidence finlandaise, j'ai déclaré que le Parlement européen était devenu avec le temps plus clairement un lieu où l'on parvenait à de bons résultats européens même quand il s'agit de dossiers difficiles. J'en suis encore aussi fermement convaincu et je tiens à remercier chaleureusement le Parlement pour son excellente coopération et à lui exprimer toute la considération que j'ai pour sa mission. Nous sommes dans la voie de l'Europe politique, où le Parlement est appelé à jouer un rôle plus central que par le passé.
Honorables Membres du Parlement européen,
Les principaux thèmes de Conseil européen ont été la politique d'élargissement, la justice et affaires intérieures, de même que la confirmation des résultats de la réunion informelle des chefs d'État ou de gouvernement à Lahti. Les conclusions du Conseil européen étant à votre disposition, je n'ai pas l'intention de vous les expliquer dans le détail et je me contenterai ici de vous faire part de certaines observations sur les orientations essentielles.
Le Conseil européen a eu un large débat en profondeur sur le politique d'élargissement, dans l'esprit de la mission confiée par le Conseil européen au mois de juin dernier. Il me faut réitérer ici un point fondamental, à savoir que la politique d'élargissement de l'Union a été une belle réussite. L'Union est parvenue à unifier l'Europe, à surmonter sa division remontant au temps de la Guerre froide. De nos jours, l'Union européenne est une union associant fièrement et étroitement 25 États, nombre qui sera étendu à 27 au début de l'année prochaine. C'est un plaisir que d'accueillir la Bulgarie et la Roumanie dans notre famille européenne.
L'adhésion de la Turquie n'a pas été à l'ordre du jour du Conseil européen. Les décisions relatives au processus d'adhésion de la Turquie ont été prises au Conseil Affaires générales et Relations extérieures avant le Conseil européen. L'UE est capable de décisions. Pendant sa Présidence de l'UE, la Finlande s'est efforcée avec sérieux de briguer une solution qui eût conduit à l'application du protocole additionnel à l'accord d'Ankara et à des relations commerciales directes avec Chypre Nord. Nos efforts n'ont pas été couronnés de succès et il nous a donc fallu décider des mesures à prendre en l'endroit de la Turquie. La situation était claire. La Turquie n'a pas rempli ses obligations et cela a des suites. J'entends cependant souligner que la Turquie est un pays dont l'avenir est dans l'Union européenne. Pendant la Présidence finlandaise, le processus d'adhésion de la Turquie ne s'est ni arrêté, ni n'a dévié sur une voie de garage, et la confrontation anticipée n'a pas eu lieu. Le rythme du processus d'adhésion s'est peut-être ralenti provisoirement, mais le terminus reste le même.
Le résultat final du Conseil européen est que l'Union reste une communauté ouverte à de nouveaux membres. L'élargissement continue et les pays candidats qui remplissent les conditions fixées par l'Union peuvent en devenir membres. Cette perspective d'adhésion ouverte est essentielle pour la stabilité de l'Europe, elle incite nos pays voisins à procéder aux réformes, en opter pour la voie européenne. On ne doit pas leur retirer cet incitatif. En tant que pays président du Conseil, la Finlande s'était fixé l'objectif d'une politique d'élargissement restant ouverte et ne fermant pas la porte aux candidats méritants. En cela nous avons réussi. Notre avenir réside dans une union ouverte et gagnant en force.
A la lumière des discussions qui ont eu lieu au Conseil européen, nous pouvons souligner qu'il existe une réelle perspective d'adhésion dans les Balkans occidentaux. L'avenir de la région est manifestement dans l'UE. Cela est essentiel pour nous.
En même temps, il va de soi que la politique d'élargissement de l'Union doit être gérée avec cohérence. Le contrepoids de la porte ouverte est la ferme conditionnalité. Il n'y a pas de raccourci pour rejoindre l'Union et l'adhésion résulte de la satisfaction aux exigences d'accès à l'Union.
Il importe qu'il n'y ait eu aucun débat sur les limites de l'élargissement de l'Union, et il ne saurait y avoir de place pour un tel débat. L'Union ne doit pas se fixer des limites artificielles. Nos vraies limites n'apparaissent pas sur les cartes géographiques, mais dans nos valeurs. La construction européenne est encore en plein chantier, il y a par exemple dans notre voisinage immédiat un trou noir de la démocratie, je pense à la Biélorussie. C'est une honte pour l'Europe. Et cela ne devrait plus être possible sur notre continent.
Monsieur le Président,
J'ai fourni au Conseil européen un bilan sur l'état du traité constitutionnel. Au cours de notre Présidence, nous avons mené des consultations systématiques avec tous les États membres sur le traité constitutionnel. Confidentialité oblige, je ne vous rendrai pas compte des positions avancées par les uns et par les autres ; je vous ferai plutôt part du tableau d'ensemble que la Présidence s'estime en mesure de brosser à la lumière de ce tour de consultations.
Permettez-moi d'abord ce constat : le climat a changé au cours de notre Présidence. Au début, on dormait encore du sommeil de la Belle au Bois dormant et personne ne voulait se pencher activement sur le sort du traité constitutionnel. Je constate à présent qu'une réflexion active sur l'avenir a été engagée dans les États membres et que nombreux sont ceux qui expriment l'idée que le traité constitutionnel se trouve être, pour tout dire, un ensemble bien réfléchi et réussi. Nous sommes cependant confrontés au dilemme suivant : nous ne pouvons pas resservir le traité constitutionnel dans la même forme aux États membres qui l'ont rejeté, même s'il constitue un ensemble équilibré. Rompre cet équilibre provoquerait plus de problèmes que cela en résoudrait. C'est pourquoi il existe un large consensus sur le fait qu'on ne saurait recommencer les négociations comme s'il n'y avait point de traité.
Les dispositions institutionnelles du traité constitutionnel sont en particulier le fruit d'une mûre négociation et d'un long examen. Il n'est pas aisé de les rouvrir sans entraîner de nouvelles difficultés. Je voudrais en même temps vous confier mon avis personnel : le découpage en morceaux du traité ne serait qu'un simple expédient. Pour prendre un exemple, nous ne pouvons séparer la Partie I de la Partie III, et il faut tracer une ligne précise entre les compétences de l'Union et celles de ses États membres. Pour sa part la Partie II précise les valeurs fondamentales de l'Union et je ne vois pas pourquoi il nous faudrait les oublier.
A l'heure actuelle, 16 États membres ont ratifié le traité constitutionnel et nous serons 18 à compter de l'année prochaine quand la Bulgarie et la Roumanie auront rejoint l'Union. Il s'agit pourtant d'une question que l'on ne saurait résoudre par la force du nombre. Le traité constitutionnel n'entrera en vigueur que s'il est approuvé par les 27 États membres. Il paraît naturel de tenter de trouver une issue avant les élections au Parlement européen en 2009 et la désignation de la Commission.
Mais le fait est que, pour l'heure, le traité constitutionnel est toujours gelé et que nous allons bientôt passer le relais à l'Allemagne, dont nous attendons de la Présidence un progrès dans l'examen de cette question difficile. Il importe en même temps de faire avancer la coopération européenne par tous les moyens concrets à notre disposition. Un exemple excellent nous est donné par le pilier Justice et Affaires intérieures extérieures. Les citoyens attendent de nous des actes concrets pour améliorer la sécurité et la justice.
Le pilier Justice et Affaires intérieures souffre d'un grave problème. L'impératif d'unanimité en matière policière et pénale empêche tout progrès authentique de ce volet de la coopération si important aux yeux des citoyens. . Ceux-ci sont en droit d'attendre une meilleure collaboration dans la promotion de la sécurité et dans la lutte contre la criminalité. A l'heure actuelle, les décisions touchant à cette coopération sont ou édulcorées ou avortées, comme nous l'avons vu tout récemment avec la question du transfert de prisonniers. L'impératif d'unanimité en matière policière et pénale fait obstruction à toute avancée véritable.
Nous disposons pourtant d'une procédure pour améliorer les mécanismes décisionnels an matière de justice et affaires intérieures ; je veux parler de la clause dite "passerelle" de l'article 42 du traité UE, clause que nous permet de décider à l'unanimité du passage aux décisions à la majorité qualifiée. A sa qualité de pays président de l'UE, la Finlande a sincèrement tenter d'explorer cette possibilité, mais il est apparu, lors du Conseil Justice et Affaires intérieures réuni au mois de septembre à Tampere, que de nombreux pays y étaient opposés. Cette issue nous est fermée.
C'est pourquoi je me félicite, malgré tout, du message univoque lancé par le Conseil européen sur l'importance d'une amélioration du processus décisionnel en matière de justice et affaires intérieures, conformément aux principes énoncés dans le traité constitutionnel, c'est-à-dire au moyen du passage à la majorité qualifiée. Il s'agit là, au plan des attitudes, d'une importante percée dont nous pouvons nous féliciter. Il incombera aux prochaines présidences de respecter ce résultat.
A ce propos, je voudrais dire ceci : généralement parlant, s'il m'était possible, à la lumière des leçons que je tire de cette Présidence, de changer dans l'immédiat quoi que ce soit dans l'Union, eh bien, j'augmenterai sensiblement le processus décisionnel à la majorité qualifiée. C'est absolument le moyen le plus efficace, le plus juste, et le meilleur de parvenir à de bonnes décisions. Du point de vue des intérêts paneuropéens, l'impératif d'unanimité est en tous points déraisonnable, sauf pour les questions de nature tout à fait indispensable.
Le Conseil européen a examiné en profondeur la politique de l'Union en matière de migrations. Nous avons à l'esprit, dans un esprit solidaire, tous les problèmes auxquels les États membres du bassin méditerranéen ont été confrontés cet été. La Présidence finlandaise s'est activement attaquée aux défis posés par l'immigration illégale et la question a déjà été débattue en octobre au sommet extraordinaire de Lahti. Le Conseil européen de décembre a dégagé une approche globale en matière d'immigration, tant légale qu'illégale, et nous avons reconnu le caractère plurisectoriel du phénomène. Il ne s'agit pas seulement, en matière de migrations, d'une meilleure gestion des frontières extérieures, sont aussi essentiels le développement dans les pays d'origine et de transit et la politique d'immigration maîtrisée dont l'Europe a douloureusement besoin du fait du vieillissement de sa population. L'Europe ne forme en rien un îlot isolé.
Le Conseil européen a confirmé les importants résultats de la réunion informelle des chefs d'État ou de gouvernement à Lahti. Nous sommes tous d'accord sur le fait que l'Europe a besoin d'une politique d'innovation plus déterminée. Nous serons dans l'incapacité de conserver notre bien-être actuel, si nous ne sommes pas authentiquement plus compétitifs demain et si nous ne fondons pas notre réussite sur le savoir-faire. L'apport de la Présidence finlandaise a été de placer les innovations au cur même de la politique de compétitivité et de faire de la promotion des innovations une composante essentielle de la stratégie de compétitivité de l'Union. Le terrain ainsi déblayé, nous attendons du Conseil européen du printemps prochain de fixer, en matière de politique d'innovation, des orientations axées sur l'avenir.
Du point de vue de la durabilité de la croissance économique de l'Union et de sa compétitivité, il est tout aussi essentiel de savoir comment nous réussirons à nous entendre sur des objectifs communs en matière de politique énergétique et comment nous serons capables de mettre en place une coopération planétaire pour maîtriser le changement climatique. Ces thèmes ont fait l'objet d'une attention croissante pendant la Présidence finlandaise. Cet automne, ils ont aussi figuré au nombre des domaines les plus importants de coopération, dans la mesure où nous les avons abordés avec nos partenaires russes, américains et asiatiques.
Les conclusions du Conseil européen en matière énergétique et climatique attestent une meilleure cohérence dans notre façon d'avancer, en indiquant à l'Union le chemin jusqu'au Conseil européen de la présidence allemande au printemps prochain, rendez-vous où ces thèmes seront au centre des débats.
Honorables Membres du Parlement européen,
Vendredi, j'ai eu droit à des réactions directes de la part des journalistes; à les entendre, ce Conseil européen était fastidieux, le plus ennuyeux de tous les temps, aux décisions sans suspens ou compromis de la dernière minute conclus aux petites heures de la nuit . Si être ennuyeux, c'est prendre des décisions qui naissent de manière systématique et dans les temps impartis, eh bien oui, je peux dire que je suis ennuyeux et fier de l'être. C'est de résultats concrets dont l'Europe a besoin, pas de dramaturgie politique artificielle.
Je suis moi-même convaincu que cette Europe des résultats est le meilleur moyen de faire avancer l'Union. Nous avons besoin de solutions concrètes qui profitent aux citoyens. Ce n'est que sur cette base que nous pourrons générer la légitimité sur laquelle nous pouvons asseoir les grandes décisions telles que le traité constitutionnel.
Monsieur le Président,
La Présidence finlandaise prendra fin dans 13 jours. Nous nous acquitterons bien entendu de notre mission jusqu'à la dernière minute. L'une des thèmes centraux de la Présidence finlandaise a été le renforcement de l'unité de l'Union. Nous ne nous en sortirons pas, face au reste du monde, si nous ne nous montrons capables d'agir de façon plus unie dans nos relations extérieures.
Aux premiers jours de la Présidence finlandaise, nous avons connu au Proche-Orient une sérieuse crise qui a atteint son paroxysme avec la plongée du Liban dans une situation assimilable à l'état de guerre. Je peux dire avec fierté que l'UE a pris une position ferme et unie sur la crise libanaise, agissant résolument au Conseil de sécurité de l'ONU pour y faire adopter les résolutions opportunes et, ce qui est encore plus essentiel, l'Union a été en mesure de mobiliser les forces militaires qui permirent la réussite de l'opération suffisamment forte des Nations unies au Liban. L'été libanais fut une dure épreuve, mais l'Union a très bien su gérer la crise. Je tiens ici à remercier une fois encore tous les États membres pour le soutien qu'ils ont apporté à la Présidence dans le règlement de cette affaire.
Il est essentiel que nous disposions d'une Union unie et décidée dans ses relations extérieures et en même temps capable de faire usage de sa large panoplie d'instruments au service d'un monde meilleur. Après son élargissement, l'Union est à bien des égards devenue un acteur mondial de premier plan et nous devons pleinement exploiter cette situation. Pendant notre présidence, nous avons, par exemple, fait beaucoup pour améliorer la cohérence de notre politique de développement, question d'une importance primordiale pour un acteur global aussi important que l'UE.
La Finlande avait fait du renforcement de la politique russe de l'Union l'une de ses priorités. Là encore, nous percevons très bien l'importance concrète que peut revêtir une politique unie. Au sommet informel des chefs d'État ou de gouvernement à Lahti, nous avons eu de bons entretiens avec le président de la Russie, Vladimir Poutine, et l'UE a été en mesure de communiquer à la Russie un seul et même message. Il est clair que la Russie est un partenaire important pour l'UE. Un simple regard sur une carte géographique suffit pour illustrer la chose. La Russie est importante pour l'UE, l'une et l'autre étant attachées par les liens les plus divers, mais nous devons dire en toute honnêteté que bien des lignes de développement en Russie nous inquiètent. Je suis convaincu que la Russie peut s'engager dans la bonne voie. Nous avons besoin de son attachement plus déterminé à la démocratie, à l'État de droit et à l'économie de marché. Nous ne voulons pas d'une Russie s'engageant dans une voie autoritaire. Nous avons pleinement le droit de nous inquiéter des tendances de développement actuelles en Russie.
La Russie est la pierre de touche essentielle de l'unité de l'UE. La Finlande aurait souhaité arriver à un accord qui eût permis l'ouverture de négociations avec la Russie en vue du nouvel accord global de coopération. A ce jour, nous n'y sommes pas encore parvenus pour les raisons que l'on sait. A mon avis, le nouvel accord atteste de manière éclatante à quel type de problème nous sommes ici confrontés ici, à savoir que nous avons besoin d'un solide accord commun, qui renferme le fondement le plus important de notre coopération, les valeurs, et serve de base durable au commerce et à la coopération énergétique. Si nous ne parvenons pas à conclure un accord unifié, nous encourons le risque de nous engager dans la voie malheureuse et de courte de vue d'un réseau d'accords où la Russie pourrait traiter inéquitablement les États membres de l'UE. Les uns auraient de bons accords, les autres de mauvais et d'autres encore n'auraient rien du tout. Et ce en même temps qu'il va de soi que l'UE est, unie, un partenaire d'une importance telle pour la Russie qu'elle serait en mesure de négocier un bon accord en conservant son unité. L'unité européenne, est-ce vraiment se faire concurrence pour savoir qui obtiendra les meilleures conditions ? La solidarité européenne, ce n'est pas ça. Honorables Membres du Parlement européen,
Les présidences sont toujours portées à leurs débuts par de grands espoirs, puis la vraie vie finit par nous ramener tous sur terre. Nous avons beaucoup accompli, mais bien des choses essentielles sont restées en plan. La Finlande a cherché sérieusement à faire aboutir la réforme de la directive sur le temps de travail, et je pense que nous n'étions pas loin du but. Mais cela n'a pas suffit. Le problème n'a pourtant pas disparu et je ne peux qu'adresser mes meilleurs vux de réussite aux futures présidences qui auront à régler cette question européenne.
Monsieur le Président,
Ce n'est pas sans une certaine émotion que je me trouve ici pour une dernière fois, en tant que représentant de la Présidence finlandaise, au Parlement européen siégeant en séance plénière. Je garde un excellent souvenir de notre bonne coopération avec le Parlement et je tiens une fois encore à vous remercier tous ici réunis pour le soutien que vous avez apporté aux efforts de la Finlande.
Je pense que l'avenir de l'Europe est notre affaire à tous. Une Europe plus unie, où les barrières auront été volatilisées. Je me félicite tout particulièrement du résultat auquel nous sommes parvenus concernant l'élargissement de l'espace Schengen. C'est un de ces pas concrets qui font avancer les choses et que les citoyens attendent de nos les décideurs.
Je voudrais une dernière fois vous exprimer ma chaleureuse reconnaissance pour notre excellente coopération.
(traduction non officielle - sous réserve de modifications)
Monsieur le Président du Parlement européen,Honorables Membres de Parlement européen,
C'est pour moi un plaisir renouvelé que de m'entretenir avec vous en ma qualité de Président du Conseil européen. Le Conseil européen de la Présidence finlandaise européenne s'est tenu les 14 et 15 décembre à Bruxelles. Je me propose de vous faire part des résultats de notre réunion. En même temps, les six mois de Présidence finlandaise de Conseil sont sur le point de finir et le moment est venu de vous dire ce que nous avons fait au cours de ce mandat pour le bien de notre commune Union.
Jeudi dernier, nous avons fait, au Conseil européen, nos adieux à Josep Borrell, qui termine son mandat à la Présidence du Parlement européen. Je tiens à lui exprimer ici ma reconnaissance pour la contribution significative qu'il a apportée au bien de l'Europe. Monsieur le Président, ce fut une bonne chose que de collaborer avec vous. Nous avons obtenu beaucoup de bons résultats ; je vous en remercie du fond du cur et nous sommes sensibles au travail que vous avez accompli.
Je saisis en même temps cette occasion pour exprimer au Parlement européen ma reconnaissance pour tout le soutien qu'il nous a accordé et les efforts communs. Nous avons obtenu ensemble des résultats remarquables. La législation communautaire sur les produits chimiques - le Règlement REACH - a été enfin adoptée. Les consommateurs comme l'industrie attendaient cette législation. Nous avons également fait aboutir le projet de directive sur les services. Celle-ci marque la création du plus grand marché au monde en matière de services. Le 7e Programme cadre de recherche établit le fondement de la compétitivité européenne.
Au début de la Présidence finlandaise, j'ai déclaré que le Parlement européen était devenu avec le temps plus clairement un lieu où l'on parvenait à de bons résultats européens même quand il s'agit de dossiers difficiles. J'en suis encore aussi fermement convaincu et je tiens à remercier chaleureusement le Parlement pour son excellente coopération et à lui exprimer toute la considération que j'ai pour sa mission. Nous sommes dans la voie de l'Europe politique, où le Parlement est appelé à jouer un rôle plus central que par le passé.
Honorables Membres du Parlement européen,
Les principaux thèmes de Conseil européen ont été la politique d'élargissement, la justice et affaires intérieures, de même que la confirmation des résultats de la réunion informelle des chefs d'État ou de gouvernement à Lahti. Les conclusions du Conseil européen étant à votre disposition, je n'ai pas l'intention de vous les expliquer dans le détail et je me contenterai ici de vous faire part de certaines observations sur les orientations essentielles.
Le Conseil européen a eu un large débat en profondeur sur le politique d'élargissement, dans l'esprit de la mission confiée par le Conseil européen au mois de juin dernier. Il me faut réitérer ici un point fondamental, à savoir que la politique d'élargissement de l'Union a été une belle réussite. L'Union est parvenue à unifier l'Europe, à surmonter sa division remontant au temps de la Guerre froide. De nos jours, l'Union européenne est une union associant fièrement et étroitement 25 États, nombre qui sera étendu à 27 au début de l'année prochaine. C'est un plaisir que d'accueillir la Bulgarie et la Roumanie dans notre famille européenne.
L'adhésion de la Turquie n'a pas été à l'ordre du jour du Conseil européen. Les décisions relatives au processus d'adhésion de la Turquie ont été prises au Conseil Affaires générales et Relations extérieures avant le Conseil européen. L'UE est capable de décisions. Pendant sa Présidence de l'UE, la Finlande s'est efforcée avec sérieux de briguer une solution qui eût conduit à l'application du protocole additionnel à l'accord d'Ankara et à des relations commerciales directes avec Chypre Nord. Nos efforts n'ont pas été couronnés de succès et il nous a donc fallu décider des mesures à prendre en l'endroit de la Turquie. La situation était claire. La Turquie n'a pas rempli ses obligations et cela a des suites. J'entends cependant souligner que la Turquie est un pays dont l'avenir est dans l'Union européenne. Pendant la Présidence finlandaise, le processus d'adhésion de la Turquie ne s'est ni arrêté, ni n'a dévié sur une voie de garage, et la confrontation anticipée n'a pas eu lieu. Le rythme du processus d'adhésion s'est peut-être ralenti provisoirement, mais le terminus reste le même.
Le résultat final du Conseil européen est que l'Union reste une communauté ouverte à de nouveaux membres. L'élargissement continue et les pays candidats qui remplissent les conditions fixées par l'Union peuvent en devenir membres. Cette perspective d'adhésion ouverte est essentielle pour la stabilité de l'Europe, elle incite nos pays voisins à procéder aux réformes, en opter pour la voie européenne. On ne doit pas leur retirer cet incitatif. En tant que pays président du Conseil, la Finlande s'était fixé l'objectif d'une politique d'élargissement restant ouverte et ne fermant pas la porte aux candidats méritants. En cela nous avons réussi. Notre avenir réside dans une union ouverte et gagnant en force.
A la lumière des discussions qui ont eu lieu au Conseil européen, nous pouvons souligner qu'il existe une réelle perspective d'adhésion dans les Balkans occidentaux. L'avenir de la région est manifestement dans l'UE. Cela est essentiel pour nous.
En même temps, il va de soi que la politique d'élargissement de l'Union doit être gérée avec cohérence. Le contrepoids de la porte ouverte est la ferme conditionnalité. Il n'y a pas de raccourci pour rejoindre l'Union et l'adhésion résulte de la satisfaction aux exigences d'accès à l'Union.
Il importe qu'il n'y ait eu aucun débat sur les limites de l'élargissement de l'Union, et il ne saurait y avoir de place pour un tel débat. L'Union ne doit pas se fixer des limites artificielles. Nos vraies limites n'apparaissent pas sur les cartes géographiques, mais dans nos valeurs. La construction européenne est encore en plein chantier, il y a par exemple dans notre voisinage immédiat un trou noir de la démocratie, je pense à la Biélorussie. C'est une honte pour l'Europe. Et cela ne devrait plus être possible sur notre continent.
Monsieur le Président,
J'ai fourni au Conseil européen un bilan sur l'état du traité constitutionnel. Au cours de notre Présidence, nous avons mené des consultations systématiques avec tous les États membres sur le traité constitutionnel. Confidentialité oblige, je ne vous rendrai pas compte des positions avancées par les uns et par les autres ; je vous ferai plutôt part du tableau d'ensemble que la Présidence s'estime en mesure de brosser à la lumière de ce tour de consultations.
Permettez-moi d'abord ce constat : le climat a changé au cours de notre Présidence. Au début, on dormait encore du sommeil de la Belle au Bois dormant et personne ne voulait se pencher activement sur le sort du traité constitutionnel. Je constate à présent qu'une réflexion active sur l'avenir a été engagée dans les États membres et que nombreux sont ceux qui expriment l'idée que le traité constitutionnel se trouve être, pour tout dire, un ensemble bien réfléchi et réussi. Nous sommes cependant confrontés au dilemme suivant : nous ne pouvons pas resservir le traité constitutionnel dans la même forme aux États membres qui l'ont rejeté, même s'il constitue un ensemble équilibré. Rompre cet équilibre provoquerait plus de problèmes que cela en résoudrait. C'est pourquoi il existe un large consensus sur le fait qu'on ne saurait recommencer les négociations comme s'il n'y avait point de traité.
Les dispositions institutionnelles du traité constitutionnel sont en particulier le fruit d'une mûre négociation et d'un long examen. Il n'est pas aisé de les rouvrir sans entraîner de nouvelles difficultés. Je voudrais en même temps vous confier mon avis personnel : le découpage en morceaux du traité ne serait qu'un simple expédient. Pour prendre un exemple, nous ne pouvons séparer la Partie I de la Partie III, et il faut tracer une ligne précise entre les compétences de l'Union et celles de ses États membres. Pour sa part la Partie II précise les valeurs fondamentales de l'Union et je ne vois pas pourquoi il nous faudrait les oublier.
A l'heure actuelle, 16 États membres ont ratifié le traité constitutionnel et nous serons 18 à compter de l'année prochaine quand la Bulgarie et la Roumanie auront rejoint l'Union. Il s'agit pourtant d'une question que l'on ne saurait résoudre par la force du nombre. Le traité constitutionnel n'entrera en vigueur que s'il est approuvé par les 27 États membres. Il paraît naturel de tenter de trouver une issue avant les élections au Parlement européen en 2009 et la désignation de la Commission.
Mais le fait est que, pour l'heure, le traité constitutionnel est toujours gelé et que nous allons bientôt passer le relais à l'Allemagne, dont nous attendons de la Présidence un progrès dans l'examen de cette question difficile. Il importe en même temps de faire avancer la coopération européenne par tous les moyens concrets à notre disposition. Un exemple excellent nous est donné par le pilier Justice et Affaires intérieures extérieures. Les citoyens attendent de nous des actes concrets pour améliorer la sécurité et la justice.
Le pilier Justice et Affaires intérieures souffre d'un grave problème. L'impératif d'unanimité en matière policière et pénale empêche tout progrès authentique de ce volet de la coopération si important aux yeux des citoyens. . Ceux-ci sont en droit d'attendre une meilleure collaboration dans la promotion de la sécurité et dans la lutte contre la criminalité. A l'heure actuelle, les décisions touchant à cette coopération sont ou édulcorées ou avortées, comme nous l'avons vu tout récemment avec la question du transfert de prisonniers. L'impératif d'unanimité en matière policière et pénale fait obstruction à toute avancée véritable.
Nous disposons pourtant d'une procédure pour améliorer les mécanismes décisionnels an matière de justice et affaires intérieures ; je veux parler de la clause dite "passerelle" de l'article 42 du traité UE, clause que nous permet de décider à l'unanimité du passage aux décisions à la majorité qualifiée. A sa qualité de pays président de l'UE, la Finlande a sincèrement tenter d'explorer cette possibilité, mais il est apparu, lors du Conseil Justice et Affaires intérieures réuni au mois de septembre à Tampere, que de nombreux pays y étaient opposés. Cette issue nous est fermée.
C'est pourquoi je me félicite, malgré tout, du message univoque lancé par le Conseil européen sur l'importance d'une amélioration du processus décisionnel en matière de justice et affaires intérieures, conformément aux principes énoncés dans le traité constitutionnel, c'est-à-dire au moyen du passage à la majorité qualifiée. Il s'agit là, au plan des attitudes, d'une importante percée dont nous pouvons nous féliciter. Il incombera aux prochaines présidences de respecter ce résultat.
A ce propos, je voudrais dire ceci : généralement parlant, s'il m'était possible, à la lumière des leçons que je tire de cette Présidence, de changer dans l'immédiat quoi que ce soit dans l'Union, eh bien, j'augmenterai sensiblement le processus décisionnel à la majorité qualifiée. C'est absolument le moyen le plus efficace, le plus juste, et le meilleur de parvenir à de bonnes décisions. Du point de vue des intérêts paneuropéens, l'impératif d'unanimité est en tous points déraisonnable, sauf pour les questions de nature tout à fait indispensable.
Le Conseil européen a examiné en profondeur la politique de l'Union en matière de migrations. Nous avons à l'esprit, dans un esprit solidaire, tous les problèmes auxquels les États membres du bassin méditerranéen ont été confrontés cet été. La Présidence finlandaise s'est activement attaquée aux défis posés par l'immigration illégale et la question a déjà été débattue en octobre au sommet extraordinaire de Lahti. Le Conseil européen de décembre a dégagé une approche globale en matière d'immigration, tant légale qu'illégale, et nous avons reconnu le caractère plurisectoriel du phénomène. Il ne s'agit pas seulement, en matière de migrations, d'une meilleure gestion des frontières extérieures, sont aussi essentiels le développement dans les pays d'origine et de transit et la politique d'immigration maîtrisée dont l'Europe a douloureusement besoin du fait du vieillissement de sa population. L'Europe ne forme en rien un îlot isolé.
Le Conseil européen a confirmé les importants résultats de la réunion informelle des chefs d'État ou de gouvernement à Lahti. Nous sommes tous d'accord sur le fait que l'Europe a besoin d'une politique d'innovation plus déterminée. Nous serons dans l'incapacité de conserver notre bien-être actuel, si nous ne sommes pas authentiquement plus compétitifs demain et si nous ne fondons pas notre réussite sur le savoir-faire. L'apport de la Présidence finlandaise a été de placer les innovations au cur même de la politique de compétitivité et de faire de la promotion des innovations une composante essentielle de la stratégie de compétitivité de l'Union. Le terrain ainsi déblayé, nous attendons du Conseil européen du printemps prochain de fixer, en matière de politique d'innovation, des orientations axées sur l'avenir.
Du point de vue de la durabilité de la croissance économique de l'Union et de sa compétitivité, il est tout aussi essentiel de savoir comment nous réussirons à nous entendre sur des objectifs communs en matière de politique énergétique et comment nous serons capables de mettre en place une coopération planétaire pour maîtriser le changement climatique. Ces thèmes ont fait l'objet d'une attention croissante pendant la Présidence finlandaise. Cet automne, ils ont aussi figuré au nombre des domaines les plus importants de coopération, dans la mesure où nous les avons abordés avec nos partenaires russes, américains et asiatiques.
Les conclusions du Conseil européen en matière énergétique et climatique attestent une meilleure cohérence dans notre façon d'avancer, en indiquant à l'Union le chemin jusqu'au Conseil européen de la présidence allemande au printemps prochain, rendez-vous où ces thèmes seront au centre des débats.
Honorables Membres du Parlement européen,
Vendredi, j'ai eu droit à des réactions directes de la part des journalistes; à les entendre, ce Conseil européen était fastidieux, le plus ennuyeux de tous les temps, aux décisions sans suspens ou compromis de la dernière minute conclus aux petites heures de la nuit . Si être ennuyeux, c'est prendre des décisions qui naissent de manière systématique et dans les temps impartis, eh bien oui, je peux dire que je suis ennuyeux et fier de l'être. C'est de résultats concrets dont l'Europe a besoin, pas de dramaturgie politique artificielle.
Je suis moi-même convaincu que cette Europe des résultats est le meilleur moyen de faire avancer l'Union. Nous avons besoin de solutions concrètes qui profitent aux citoyens. Ce n'est que sur cette base que nous pourrons générer la légitimité sur laquelle nous pouvons asseoir les grandes décisions telles que le traité constitutionnel.
Monsieur le Président,
La Présidence finlandaise prendra fin dans 13 jours. Nous nous acquitterons bien entendu de notre mission jusqu'à la dernière minute. L'une des thèmes centraux de la Présidence finlandaise a été le renforcement de l'unité de l'Union. Nous ne nous en sortirons pas, face au reste du monde, si nous ne nous montrons capables d'agir de façon plus unie dans nos relations extérieures.
Aux premiers jours de la Présidence finlandaise, nous avons connu au Proche-Orient une sérieuse crise qui a atteint son paroxysme avec la plongée du Liban dans une situation assimilable à l'état de guerre. Je peux dire avec fierté que l'UE a pris une position ferme et unie sur la crise libanaise, agissant résolument au Conseil de sécurité de l'ONU pour y faire adopter les résolutions opportunes et, ce qui est encore plus essentiel, l'Union a été en mesure de mobiliser les forces militaires qui permirent la réussite de l'opération suffisamment forte des Nations unies au Liban. L'été libanais fut une dure épreuve, mais l'Union a très bien su gérer la crise. Je tiens ici à remercier une fois encore tous les États membres pour le soutien qu'ils ont apporté à la Présidence dans le règlement de cette affaire.
Il est essentiel que nous disposions d'une Union unie et décidée dans ses relations extérieures et en même temps capable de faire usage de sa large panoplie d'instruments au service d'un monde meilleur. Après son élargissement, l'Union est à bien des égards devenue un acteur mondial de premier plan et nous devons pleinement exploiter cette situation. Pendant notre présidence, nous avons, par exemple, fait beaucoup pour améliorer la cohérence de notre politique de développement, question d'une importance primordiale pour un acteur global aussi important que l'UE.
La Finlande avait fait du renforcement de la politique russe de l'Union l'une de ses priorités. Là encore, nous percevons très bien l'importance concrète que peut revêtir une politique unie. Au sommet informel des chefs d'État ou de gouvernement à Lahti, nous avons eu de bons entretiens avec le président de la Russie, Vladimir Poutine, et l'UE a été en mesure de communiquer à la Russie un seul et même message. Il est clair que la Russie est un partenaire important pour l'UE. Un simple regard sur une carte géographique suffit pour illustrer la chose. La Russie est importante pour l'UE, l'une et l'autre étant attachées par les liens les plus divers, mais nous devons dire en toute honnêteté que bien des lignes de développement en Russie nous inquiètent. Je suis convaincu que la Russie peut s'engager dans la bonne voie. Nous avons besoin de son attachement plus déterminé à la démocratie, à l'État de droit et à l'économie de marché. Nous ne voulons pas d'une Russie s'engageant dans une voie autoritaire. Nous avons pleinement le droit de nous inquiéter des tendances de développement actuelles en Russie.
La Russie est la pierre de touche essentielle de l'unité de l'UE. La Finlande aurait souhaité arriver à un accord qui eût permis l'ouverture de négociations avec la Russie en vue du nouvel accord global de coopération. A ce jour, nous n'y sommes pas encore parvenus pour les raisons que l'on sait. A mon avis, le nouvel accord atteste de manière éclatante à quel type de problème nous sommes ici confrontés ici, à savoir que nous avons besoin d'un solide accord commun, qui renferme le fondement le plus important de notre coopération, les valeurs, et serve de base durable au commerce et à la coopération énergétique. Si nous ne parvenons pas à conclure un accord unifié, nous encourons le risque de nous engager dans la voie malheureuse et de courte de vue d'un réseau d'accords où la Russie pourrait traiter inéquitablement les États membres de l'UE. Les uns auraient de bons accords, les autres de mauvais et d'autres encore n'auraient rien du tout. Et ce en même temps qu'il va de soi que l'UE est, unie, un partenaire d'une importance telle pour la Russie qu'elle serait en mesure de négocier un bon accord en conservant son unité. L'unité européenne, est-ce vraiment se faire concurrence pour savoir qui obtiendra les meilleures conditions ? La solidarité européenne, ce n'est pas ça. Honorables Membres du Parlement européen,
Les présidences sont toujours portées à leurs débuts par de grands espoirs, puis la vraie vie finit par nous ramener tous sur terre. Nous avons beaucoup accompli, mais bien des choses essentielles sont restées en plan. La Finlande a cherché sérieusement à faire aboutir la réforme de la directive sur le temps de travail, et je pense que nous n'étions pas loin du but. Mais cela n'a pas suffit. Le problème n'a pourtant pas disparu et je ne peux qu'adresser mes meilleurs vux de réussite aux futures présidences qui auront à régler cette question européenne.
Monsieur le Président,
Ce n'est pas sans une certaine émotion que je me trouve ici pour une dernière fois, en tant que représentant de la Présidence finlandaise, au Parlement européen siégeant en séance plénière. Je garde un excellent souvenir de notre bonne coopération avec le Parlement et je tiens une fois encore à vous remercier tous ici réunis pour le soutien que vous avez apporté aux efforts de la Finlande.
Je pense que l'avenir de l'Europe est notre affaire à tous. Une Europe plus unie, où les barrières auront été volatilisées. Je me félicite tout particulièrement du résultat auquel nous sommes parvenus concernant l'élargissement de l'espace Schengen. C'est un de ces pas concrets qui font avancer les choses et que les citoyens attendent de nos les décideurs.
Je voudrais une dernière fois vous exprimer ma chaleureuse reconnaissance pour notre excellente coopération.